TREIZIÈME LEÇON. 537
pour ceux delà 3 e . Les gens pauvres n’ont pas en générald’aussi longs trajets à faire que les riches : on n’en apas tenu compte, les convois des voyageurs de 3 e classene s’arrêtent que de loin en loin.
Le Great- Western (de Londres à Bristol) n’admet pa-reillement les voyageurs de 3 e classe que sur des convoisqui portent des marchandises. Ces convois partent auxheures les plus incommodes, à quatre heures et demie lematin et à neuf heures et demie le soir. On passe la nuitou la matinée dans des voitures mal closes. Malgré lesreprésentations qui lui ont été faites, la compagnie n’apas voulu adopter des dispositions plus humaines.
Il ne faut donc pas s’étonner si le nombre des voya-geurs de 3 e classe qui fréquentent ces chemins est si res-reint.
Dans les trois premiers mois où, sur le chemin deLondres à Birmingham, a été établi un service pour la3 e classe de voyageurs, il n’a transporté que 7,853 per-sonnes.
Sur le Great-Western, contre 633,160 voyageurs del rC et 2 e classe, on en trouve seulement 12,321 de 3 eclasse.
Des chemins de fer ainsi exploités sont à certainségards inférieurs aux modestes routes de terre, aux-quelles pourtant nous avons la prétention de les substi-tuer. Celles-ci en effet sont ouvertes à tous, pauvres etriches, à toute heure, le jour comme la nuit, et chacunest maître de choisir les heures de soleil pour y voyager.Je vais plus loin, un pareil système d’exploitation est enopposition avec la nature de cette admirable inventiondu génie de l’homme, avec sa destination providentielle.Les chemins de fer sont des agents démocratiques, dansle sens légitime du mot. Ils mettent à la portée de toutesles classes un instrument de locomotion destiné à faire