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La monnaie / par Michel Chevalier
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185
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LA MONNAIE. SECTION VI, CHAPITRE II. 185

latif des lingots des deux métaux aura varié dans un sensou dans l’autre. Il eût été plus correct et plus simplede ne pas qualifier les pièces d’or d’un autre nom quecelui d’impériale ou de demi-impériale, et de ne pas leurdonner une empreinte qui est devenue mensongère.

On se rappelle que les pièces d’or de l’ancien régime, lelouis d’or et le double louis, ne portaient point qu’ils fus-sent de 24 et de 48 livres. La loi leur attribuait cette va-leur par rapport à l’argent, mais la loi aurait pu changersans que l’empreinte des monnaies d’or fût en contradic-tion avec le nouveau cours qu’elles auraient eu.

Jusqu’ici j’ai raisonné dans la supposition que l’étalonsoit l’argent, et que, par conséquent, l’autre métal dontsera faite la monnaie subordonnée, mobile dans sa valeur,soit l’or. Dans le cas où l’or serait l’étalon, et s’il nes’agissait que d’assurer le service des petites transactionscourantes en faisant intervenir les pièces d’argent pourcet objet spécial, ce serait facile, moyennant un ar-rangement semblable à celui que le législateur a con-sacré en Angleterre. On sait qu’il consiste à fabriqueren argent des sous-divisions de l’unité monétaire en or,contenant un peu moins de métal fin qu’il n'en faudraitpour qu’elles fussent des équivalents exacts, et à assignerà ces pièces d’argent le simple rôle d’appoint. Des piècesd’argent de cette sorte n’ont besoin d’être fabriquées qu’enQuantité restreinte, puisque l’emploi en est restreint etQu’elles ne peuvent s’exporter, n’ayant qu’une valeurp éelle inférieure à la valeur nominale.

Si l’on voulait que l’argent, sans être converti en piè-ces de monnaie proprement dites, servît à solder lesgran-des opérations commerciales d’une manière plus directe etplus régulière qu’il n’est possible au moyen de l’arrange-nt que nous avons rapporté relativement à l’admissiones lingots d’argent dans l’encaisse de la Banque d’Angle-