LA MONNAIE. SECTION VI, CHAPITRE IV. 193
rapport aux comptes, une commodité qui la fit rechercheret lui assurât un débouché. L’écoulement au dehors deleur monnaie d’or importait aux habitants de Cyzique, par-ce qu’ils se procuraient le métal brut à d’excellentes con-ditions, en l’achetant aux mineurs de l’Oural. Leurs sta-tures n’élaient pris que pour leur poids intrinsèque delb grammes, et suivant le cours de l’or par rapport àl’unité monétaire d’argent..
Mais au lieu de se contenter du bénéfice considérableet légitime résultant d’une opération qui consistait àrevendre sur le pied de la proportion treizième de l’orà l’argent le métal qu’ils achetaient sur le pied de laproportion septième, les habitants de Cyzique, une foisdevenus les maîtres du marché hellénique, abusèrent desfacilités exceptionnelles que leur procurait leur positionvoisine des lieux de production du métal dont ils mono-polisaient en quelque sorte l’achat, en falsifiant peu à peuleurs statères : ils finirent pary faire entrer un tiers d’ar-gent.
Les Phocéens, dont la monnaie d’or était justement ré-putée la pire, poussèrent plus loin encore la mauvaisefoi. L’analyse d’un de leurs statères n’a donné que 4ipour cent d’or contre 54 pour cent d’argent et 5 pourcent de cuivre.
Mais ces faits de faux monnayage ne sont que des acci-dents au milieu de l’histoire du régime monétaire des na-tions helléniques, et n’infirment pas la donnée générale•lue nous avons indiquée, à savoir, que les cités grecquesétaient en possession des idées les plus justes sur la naturede la monnaie et sur le rôle qu’elle doit remplir dansi économie des peuples. Ils apportaient le plus grandsoin à l’avoir très-correcte. Bien plus on a lieu de penser
il entrait dans leur système d’attribuer à un seul desdeux métaux précieux la fonction d’étalon. Ils avaientm. 13