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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

primitif. Ce résultat obtenu sur des pièces non rognées et dont la cir-culation avaitété parfaitement régulière, confirmait entièrement ce quele gouvernement avait soutenu en 1845, à savoir, que l’assertion deJacob, que les monnaies d'argent perdaient annuellement 1/200 de leurpoids, était assez peu fondée. »

On voit par cet extrait que M. Vrolik récuse les con-clusions de M. Jacob, comme indiquant un frai très-exa-géré. Il y aurait ainsi lieu de penser que la forte dé-perdition qu’accusent la plupart des pièces anglaisesprovient, en partie au moins, de ce que la rognure auraitété pratiquée en Angleterre plus qu’ailleurs.

A côté de ces constatations sur les pièces d’argent,M. Vrolik a fait des expériences sur les pièces d’or et lesa consignées dans un tableau qu’il a bien voulu me com-muniquer. Ses pesées faites en 1849, sur un grand nom-bre de pièces frappées entre les années 1818 et 1840, ontdonné des résultats très-variables selon les années (1). Onopérait les pesées par séries dont chacune répondait à unedes dix-sept années où l’on avait fait le monnayage. Cha-que série comprenait cent pièces de 10 florins. D’unesérie à l’autre, la variation est du simple au double etmôme au triple. En prenant la moyenne générale, ontrouve que le frai avait été de 1/2 milligramme par anet par pièce ; c’est un peu plus de 7 parties sur 100,000,ou exactement 1 sur 13,809. La circulation moyenne despièces examinées avait été de vingt ans. Deux séries de pe-sées faites sur des pièces de 5 florins, qui avaient une cir-culation moyenne de vingt-trois ans, ont donné pour lefrai un peu plus de 4 dix-milligrammes en moyenne par

(i) Ainsi, la moyenne de la déperdition annuelle sur les pièces frap-pées en 1840 a été de 13 sur 100,000. Sur les pièces de 1818, elle a étéseulement de 4 1/3. Quand on examine l’ensemble du tableau, on con-state que, entre deux années consécutives, la différence est très-grande,et on n’observe entre les résultats successifs aucune loi de continuitéd’où l’on puisse tirer cette conclusion que les pièces les plus anciennessont celles qui s’usent le plus ou celles qui s’usent le moins.