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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

ces proportions qui manquent d'une base solide; mais onne peut se refuser à admettre la conclusion suivante quiest celle de M. Mac Culloch et de M. Jacob : Un pays quin’aurait aucun moyen de renouveler son approvisionne-ment de métaux précieux, après un certain laps de temps, ,de quelques siècles il est vrai, n’en aurait plus qu’unepetite fraction. C’est un sujet sur lequel nous aurons àrevenir.

Lorsque, par le frai, la monnaie a subi une assez fortedétérioration, la valeur réelle n’est plus en rapport avecla valeur nominale. La pièce qualifiée franc cesse d’êtreun franc, car le franc est défini une pièce d’argent autitre de neuf dixièmes de fin, du poids de 5 grammes. Leschoses se passent alors comme si le métal ou les métauxprécieux dont est faite la monnaie, s’étaient dépréciés re-lativement aux autres marchandises : celles-ci haussent.Les prix des denrées deviennent incertains; avec le tempsl’incertitude va croissant, et le commerce en est sérieu-sement affecté. Un gouvernement sage doit ne pas atten-dre que les choses en soient venues à. l’excès et procéderà la refonte des monnaies à mesure qu’elles s’affaiblissent.

Sous Guillaume III, la détérioration que le frai, aidé

monnaie d’or des anciens, le frai observé, ou plutôt, selon nous, calculeà l’aide d'une interprétation problématique, relativement à des guinéesanglaises, et en le portant ainsi à 1 sur 237 par an, à circulation égale.Mais, pour tenir compte de ce qu’alors la circulation aurait été moinsactive, et pour avoir egard à l’alliage introduit plus tard, M. Jacob n’aadmis, pour le grand espace de temps qu’il a embrassé, que la pro-portion annuelle et moyenne de 1 sur 600. A l’égard de l’argent qui, aucontraire, offrait une forte proportion d’alliage, au point de moins résisterque la monnaie moderne, M. Jacob substitue la proportion de t surà celle de 1 sur 200. A cause de la surabondance qu’il attribue à lamasse de la monnaie d’argent, il est arrivé à considérer comme P r °'bable, pour l’ensemble des monnaies anciennes, un frai annuel de!sur 360. (On the Precious Metals, 11, chap. xxui.) Il faut convenir que toutcet ensemble de supputations est bien hypothétique et que les consé-quences qu’en tire M. Jacob restent extrêmement douteuses.