LA. MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE III. 259On procéda avec plus de rigueur encore à l’égard despièces dites de cinq sous. « Le ministre des finances, ditVrolik, avertit les citoyens de ne pas accepter des piècesde cinq sous fraîchement rognées, parce que tous les em-ployés avaient ordre de les refuser aux caisses de l’État.Une application rigoureuse de cette disposition auraitpu donner lieu à de grandes difficultés. Cependant elle fitnaître peu d’embarras, parce qu’on l’exécuta avec juge-ment, et elle eut le grand mérite d’arrêter la mutilation despièces de cinq sous dès le principe (1). »
Le progrès des arts, qui en somme est favorable au bien,ne laisse pas aussi de donner des facilités pour le mal.Autrefois on rognait simplement avec la lime. Puis on di-minuait les pièces en les secouant ensemble avec force dansun sac. Plus nouvellement on les a plongées dans un acide,et, particulièrement les monnaies d’or dans ce que les chi-mistes appellent l’eau régale, de manière à enlever surtoute la surface une légère pellicule de métal. L’électricitégalvaniqueparaît avoir été aussi employée parles rogneurs.Que conclure de là? La conclusion la plus pratique, ce mesemble, c’est que, sans cesser de poursuivre les rogneurs,toutes les fois qu’on les découvre, l’autorité doit veiller avecsoin à ce que les pièces usées sortent delà circulation pourêtre jetées au creuset, car il est démontré que la rognures’attaque aux pièces de monnaie d’autant plus que, à forcede circuler ou autrement, elles s’écartent davantage dutype légal. Pour atteindre ce but, il existe un procédé effi-c ace et simple : c’est de faire en sorte que la diminu-tion de poids des espèces ne porte pas préjudice au créan-cl or, et que celui-ci soit affranchi du joug du rogneur. ACe t effet, il suffirait qu’il fût réglé par la loi que, dans lespaiements de quelque importance, les pièces de monnaie
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