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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

naie? Restons donc dans la seule hypothèse plausible, quiconsiste en ceci : pour les pièces les plus usitées, et no-tamment pour les pièces d’argent de 5 francs, la tolé-rance en plus fixée par la loi est observée (1).

Je dois mentionner ici une proposition qui, s’il y étaitdonné suite, donnerait encore plus de poids aux observa-tions qui précèdent, relativement à l’impossibilité, pourles particuliers, de tirer un profit de la tolérance légale,au moyen d’un triage. La tolérance actuelle fut fixée enl’an XI ; depuis cette époque, les arts mécaniques ont faitde tels progrès, qu’on ne risque pas d’être contredit enavançant qu’il y aurait lieu aujourd’hui de la diminuer,quoiqu’elle soit faible ; ce serait praticable surtout pourles pièces de 5 francs, les seules qu’en fait d’espècesd’argent il y ait un intérêt sérieux à considérer (2).

(1) L’enquête à laquelle se livra la commission extraordinaire de 1838par les soins de deux de ses membres, MM. Dumas et de Colmont, qui fl'rentà cet égard beaucoup d’expériences de précision, constata que dansquelques-uns des hôtels-des-monnaies on avait fabriqué des pièces avecun écart excessif.il y avait tel hôtel-des-monnaies où, pendant la périodede six ans, de 1832 à 1838, douze, dix-huit, vingt-cinq pièces sur centavaient franchi le maximum de tolérance en plus. On en avait trouvé quiallaient jusqu’à 25 gr. 495. Quelques autres, par contre, ne pesaient, aUmoment de l’entrée en circulation, que 24 gr. 612. Ces graves abus furentréformés après le travail de la commission. Il ne paraît pas d’ailleursque le monnayage qu’ils affectaient fit un bloc considérable.

(2) Sur ce point, je rappellerai une observation placée en 1839 P arMM. Dumas et de Colmont dans leur rapport final adressé à la commis'sion extraordinaire des monnaies dont ils étaient membres. Us faisait 1 *remarquer qu’en Angleterre, grâce aux moyens mécaniques dont on s®servait, tandis qu’alors en France l’ajustage se faisait à la main, les p*^'ces étaient toutes uniformes de poids, ou trop lourdes ou trop légères, ct ’ajoutaient-ils, presque toujours à très-peu près mathématiquerne 0exactes. Elles ne peuvent donc, disaient-ils, comme chez nous, va 'rier de poids, les unes en plus, les autres en moins, puisqu’elles s ° nsoumises à un procédé mécanique d’une action constante et non vai> able de pièce à pièce, comme dans nos ateliers. La conséquence de ceapplication des procédés mécaniques perfectionnés, c’est qu’en Angterre, pour les schellings, la tolérance, qui est légalement de 24 gra*°