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La monnaie / par Michel Chevalier
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301
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LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE IX. 301

présenté par la parcelle d’or et par l’excédant d’argentconstitue une richesse stérile, quelque chose comme untrésor enterré ou comme une mine qu’on a fermée aulieu de l’exploiter. Le particulier qui retire ce surplusd’argent ou cette petite quantité d’or, pour les livrer aucommerce, rend à la société le même service que celui quijetterait dans la circulation des pièces de monnaie qu’ilaurait trouvées sous terre ou des lingots d’or et d’argentqu’il aurait extraits d’une mine auparavant abandonnée.Si l’on prétendait rechercher de pareils faits pour les pu-nir, on se mettrait en révolte contre la justice et le bonsens. Il n’y a pas de motif valable pour traiter la mon-naie autrement que les lingots d’or et d’argent. Entre leslingots et la monnaie, la différence peut paraître grande àquelques personnes qui n’ont pas réfléchi sur le sujet,mais en réalité elle est fort petite. Ainsi que nous l’avonsfait observer plus haut, et que le reconnaissent toutes lespersonnes familières avec la question des monnaies, lespièces de monnaie elles-mêmes ne sont que des lingotscertifiés (1), afin que leur poids et leur titre soient hors decontestation dans les échanges, où ils servent d’intermé-diaires. Celui qui les détient les possède en toute pro-priété, au même titre que les lingots qu’il aurait pu ache-ter chez les marchands de métaux. Or, en vertu de queldroit prétendrait-on susciter des obstacles à l’affinage,par exemple, des lingots d’argent ?

C’est en effet ainsi qu’on l’a entendu jusque versl’an 1854, où quelques personnes placées dans de hautessituations administratives ont essayé de persuader augouvernement qu’il était d’intérêt public de proscrire| e s opérations de triage et de fonte, et de frapper aveca plus grande rigueur ceux qui s’y livreraient. Mais

(') Voir plus haut, page 38.