376 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
ans à obtenir son plein effet, à dater de 1570, d’où il faitpartir, pour l’Angleterre du moins, la hausse du prix desmarchandises. Il est fort probable que l’effet fut plusprompt en Espagne (1). Pour la France, Dupré de Saint-Maur est d’avis que le résultat était complet après une cin-quantaine d’années (2). Il y eut ensuite partout un tempsd’arrêt. Adam Smith le fait dater, pour la Grande-Bre-tagne, de 1636 ; il pouvait aussi bien dire de 1620. Il citele prix du blé qui, d’après les relevés authentiques dumarché de Windsor, a atteint, pendant les seize annéesde 1620 à 1636, une élévation qu’il n’a point franchie en-suite, car la moyenne des prix de 1636 à 1700 est sensi'blement la même que celle des seize années précédentes-Pour le blé de qualité ordinaire, la moyenne des seizeannées de 1620 au 1 er janvier 1637 a été de 16 fr. 56 c->ou de 74 gr ,52 d’argent fin par hectolitre (1 liv. 19 s. 6 d-ile quarter de Winchester). De 1637 à 1700, les mercurialesdu même marché donneraient, par hectolitre, 35 centimesdéplus en moyenne, somme insignifiante (1). En sup"posant que le blé ait été produit moyennement dans l eSmêmes circonstances, pendant ces deux périodes, l’une deseize ans, l’autre de soixante-quatre, ou que les variationsen plus ou en moins se soient balancées, il restera démon'tré que les métaux précieux ont eu, sur le marchéangl alS ’la même valeur échangeable, le même pouvoir pendantun grand laps de temps, après le premier cinquième d udix-septième siècle.
Il y aurait bien quelques observations à faire sur I eprix moyen de 1637 à 1700. On peut les lire en détail d arlSla Richesse des Nations , et nous les indiquerons dans lasuite de cet exposé. 11 en résulterait que le prix apparent»
(1) On en verra la preuve plus loin par l’édit de Médina, sed-chap. dernier.
(2) Essai sur les monnaies, p. 08.