LÀ MONNAIE. SECTION XIV, CHAPITRE IL 593sont fréquemment recherchés par les capitalistes commedes placements provisoires, ou pour servir de réserve. Maisla personne qui n’aurait que des titres de rente ou des ac-tions industrielles serait un rentier et non pas un capita-liste, dans le sens propre du mot. Le capitaliste, celuiqui fait profession de prêter du capital aux manufactu-rera, aux commerçants, aux agriculteurs même, contreleurs lettres de change ou leurs billets à ordre, distribuedu capital sous la forme de monnaie ou sous celle d’a-v ances, non-seulement évaluées en monnaie, mais exi-gibles en numéraire, à la volonté de l’emprunteur, dansun délai convenu. Dans de grands centres d’industrie etde commerce, tels que Paris et Londres, le capitaliste estHv£nt tout un fournisseur de capital de roulement.
Il y a pourtant une classe de capitalistes, nombreuseen France, qui prête du capital aux propriétaires fon-ciers, pour des améliorations territoriales, et pour touteautre destination, sur hypothèque, et par conséquentlongue échéance. Ces capitalistes-là disposent d’unCa pital de roulement qui se convertit, dans le cas de1 amélioration du sol, en un capital fixe, et dont le re-tour est nécessairement lent; c’est alors autant de dé-tourné du capital de roulement de la société, pour uneautre destination dont nous sommes loin de contester l’u-lilité. Pareille chose arrivera quand le capitaliste donneraSes fonds pour construire une manufacture, ou pour lapourvoir de mécanismes. En fournissant du capital, pour^ °hjet que je note ici, au propriétaire foncier ou au ina-nu facturier, le capitaliste n’est pas seulement dans son^ r °it; U remplit un office auquel l’appelle sa profession,^ais, s’il place ainsi tout son capital, il cesse, pour untoîig terme, d’avoir à sa disposition les fonds dont la dis—toibution
l’occupait. Ce n’est plus un capitaliste, en ceSens qu’il n’a plus rien à prêter, jusqu’à ce qu’on lui aitni. 38