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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION XV, CHAPITRE II. 619

°bjet que les Indiens recherchaient et dont ils usaienteux-mêmes comme d’une monnaie (1). En 1660, cin-quante-sept ans après la fondation de la colonie, le tabacservait encore de gnonnaie courante dans la Virginie (2).

Dans ces conditions, on est fondé à dire qu’un pays aPeu de monnaie parce qu’il est pauvre ; tout comme onpeut attribuer cette pauvreté à deux causes principales :

1 un e, la difficulté de faire du capital ; l’autre, l’absencedelà division du travail, qui d’ailleurs est une raison pourque le capital ne se forme pas.

Les colonies continentales de l’Angleterre en Améri-que parvinrent quelquefois à avoir une certaine quantitéd Or et d’argent; elles reliraient ces métaux, non de1 Europe, mais bien des colonies espagnoles, soit des

(1) Gouge, A short Ilistory of Paper-Money and Banking in the UnitedStates, II”' partie, chapitre 1.

Le Wampompeag ou Wampum est un coquillage qui se rencontresur le littoral du Maryland et de la Virginie principalement. U était fortapprécié des Indiens qui en faisaient des ornements, particulièrementdes ceintures ou des bandes formées de plusieurs rangées superposées etattachées ensemble. On les taillait à cet effet en morceaux carrés, d’en-'iron six millimètres de côté sur trois d'épaisseur. Dans ces fragmentsde coquilles on perçait ensuite un trou qui servait à les enfiler. Il yavait du wampum de trois couleurs, le brun, le violet, le blanc. Lescoquilles foncées étaient les plus estimées et valaient le double desManches. Dans les occasions solennelles, les Indiens se donnaient les unsaux autres de ces bandes ou ceintures. On cite la ceinture donnée parles Indiens Lenni-Lenapes à Guillaume Penn, en 1682, à l’occasion dutraité qu’il fit avec eux. Elle est maintenant dans les archives de la So-ciété Historique de Philadelphie. Elle offre dix-huit rangées de wam-Pum taillé. Les coquilles de wampum étaient acceptées parmi les Indiensa peu près comme une monnaie. Les blancs en firent un instrumentd’échange avec eux. On peut consulter les Mémoires de la Société His-torique de Philadelphie, tome VI, page 218 et suivantes, sur l’usagedu wampum. Il est remarquable que ce soit une matière servant à fairedes ornements, qui, en Amérique comme dans l’ancien continent, aitchoisie comme instrument des échanges.

(2) Bancroft, Ilistory of the United States, tome I, page 229, édition“audry.