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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION XV, CHAPITRE III. 667

petit de la masse des titres qui sont propres à être misen circulation, ou des instruments qui donnent le mêmerésultat.

Il est une dénomination unique, simple, sous laquelle,avec un peu de bonne volonté, on peut ranger toute cetteniasse de titres qui, concurremment avec l’or et l’argent,passent demain en main pour solder les transactions, ainsique toute cette variété de combinaisons qui dispensent mêmede titres circulants : c’est le crédit. Le billet de banque, leslettres de change, les chèques, les bons de l’Échiquier, lesobligations de l’Inde et tous les autres titres; les comptescourants, les crédits ouverts sur les livres des banques, tousles autres mécanismes en usage pour la comptabilité ré-ciproque et la transmission commerciale des capitaux, toutcela est englobé dans le crédit, dérive du crédit. C’est lecrédit qui, sous les nombreuses formes qu’il peut revêtir,se substitue aux métaux précieux, et dispense les peuplesindustrieux d’en avoir l’immense quantité qui serait né-cessaire autrement pour leurs transactions si multipliéeset si diverses.

C’est un des aspects sous lesquels on voit le mieux l’é-tendue des services que rend le crédit et combien il im-porte à la prospérité de toute société industrieuse qu’il sedéveloppe et se perfectionne.

L’exposé qui précède ne doit pas être séparé d’une idéedéjà motivée dans ce volume (1) : aucun des titresou des expédients que nous venons d’énumérer n’estde la monnaie. Ils en sont les substituts commodes, mais°n ne saurait les y assimiler. Ils en sont la promesse ; mais°n n’est pas plus fondé à leur donner le nom de monnaie,qo’ilne serait juste de confondre un portrait avec l’original.

Le billet de banque se distingue au milieu de tous les

(I) Section I, chap. n.