LA MONNAIE. SECTION XVI, CHAPITRE I. 683
portations, extraordinairement grandes eu grains et enfarines, que l’Angleterre aura tirées des mêmes régions,par conséquent il restera une force pour pousser lesmétaux précieux hors de l’Angleterre.
Pendant la disette de 1847, les relevés du commercede la Grande-Bretagne avec les autres États ont constatéce qui vient d’être dit. Les exportations de la Grande-Bretagne pour les pays d’Europe, qui souffraient de lamême calamité, se sont ralenties; mais elles se sont ac-tivées envers les contrées qui produisent des grains, et quien expédient à la Grande-Bretagne et à l’Europe occi-dentale. Ainsi, avec la France, l’Allemagne, l’Italie, lesexportations de l’Angleterre ont diminué ; tandis qu’ellesont augmenté avec les États-Unis, avec la Russie, avecl’Égypte. Néanmoins, d’accroissement des exportationsanglaises, à destination des pays producteurs de céréales,a été bien loin d’égaler le montant de l’importation inusi-tée en grains ou en farines que l’Angleterre en a reçue;elle n en a formé qu’une fraction. C’est ainsi qu’il a dûsortir de 1 Angleterre, à la fin de 1846 et pendant les sixpremiers mois de 1847, une somme exceptionnelle enmétaux précieux.
Il y a tou jours, dans les grands États commerçants, uncertain approvisionnement de métaux précieux en lin-gots, qui est là pour les besoins des arts, ou qui attendles variations du change pour en profiter. Dans l'hypo-thèse où nous nous sommes placé, celte masse flottantese met en chemin. 11 y a, en outre, des réservoirs où lesmétaux précieux s’accumulent, à l’état d’espèces mon-nayées principalement, mais cependant aussi en lingots :Ce sont les caisses des grandes banques, comme sont laBanque d’Angleterre et la Banque de France, comme étaitautrefois la Banque des États-Unis, qui a cessé d’exister.Les commerçants qui ont des payements à faire à l’étran-