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LA MONNAIE. SECTION XVI, CHAPITRE III.
leur rapport avec la politique générale, c’est-à-dire audegré de solidarité par lequel les nations se sentent liées.Les grandes institutions de crédit sont appelées naturel-lement à jouer le principal rôle dans ces opérations. Ilsemble en effet que si, dans une année où la récolte descéréales aura manqué en Angleterre, et au contraire auraété abondante aux États-Unis, il existait dans l’Amé-rique du Nord quelque puissant établissement qui pûtautoriser la Banque d’Angleterre à tirer sur lui des leltres-de-change renouvelables, jusqu’à concurrence de 100 ou150 millions de francs, ce serait autant à rabattre surl’exportation des pièces monnayées ou des lingots del’Angleterre. Bien plus, l’expérience autorise à penserque , dans la plupart des cas , une somme moindresuffirait pour empêcher l’exportation des métaux précieuxde prendre un caractère offensif. Dans plusieurs circons-tances une simple somme de 50 millions a produit ungrand adoucissement. La réunion, par le moyen d’un syn-dicat, d’un certain nombre de banques américaines,choisies parmi les plus solides, pourrait rendre à peu prèsle service attendu ici d’une grande Banque. L’opéra-tion que nous supposons ici pourrait être faite à plus forteraison par l’Angleterre et par la France.
Dans les crises redoutables que j’ai en vue en ce mo-ment, la fuite des métaux précieux doit être considé-rée comme un des symptômes les plus graves sans doute,mais non pas comme l’origine et la cause même de1 épreuve. Si l’on examine bien les circonstances dans les-quelles une nation est amenée à se dessaisir de sa mon-naie, en grande proportion, le plus souvent on recon-naîtra que le pays, d’où les espèces sortent ainsi, a manquéde prévoyance et de sagesse dans l’emploi de son capital,que des prodigalités ont été commises, et que le mal pro-vient de l’épuisement du capital disponible bien plus que