Buch 
La monnaie / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
716
JPEG-Download
 

716

COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

du Sud de l’Union Américaine, principal aliment de l’in-dustrie cotonnière en Europe et dans les États duNord de la même Union, manquèrent brusquement, àpartir de 1861. On chercha cette matière première par-tout. On en demanda surtout à l’Inde, on l’y acheta à toutprix, parce qu’on en était absolument dépourvu, et quemême sur ce marché, le mieux garni de tous, l’articlen’existait pas disponible en quantité indéfinie. La hausseinouïe des colons créa un grand nombre de fortunes prin-cières et enrichit même les ryots, là où ils se livraient àcette culture. Par des causes dans le détail desquelles nousn’avons pas à entrer ici, nulle part le phénomène ne futaussi apparent qu’à Bombay. L’effet de cet enrichissementgénéral fut de déterminer l’extension de toutes les con-sommations : chacun voulut plus de bien-être et cher-cha à se le donner, pouvant le payer. Il en résulta un 6hausse très-marquée dans les prix de toutes choses,mais principalement de celles dont l’approvisionne-ment ne pouvait s’accroître aussi rapidement, à beaucoupprès, que la demande : c’est ainsi que successivement 1®prix delà viande quadrupla. La condition des personnes qu 1vivaient d’un revenu fixe fut profondément affectée decet état de choses si nouveau et si imprévu. Tel q ulétait dans l’aisance devint pauvre. Pour la plupart desfonctionnaires publics, le changement des prix a été undésastre.

L’enchérissement qui s’est produit à Bombay a été bienau-dessous de celui qui éclata en Californie, immédiate-ment aprèsla mise en exploitation des mines d’or. Beaucoupde chercheurs d’or arrivaient dans cette contrée jusqu a-lors déserte. Personne ne voulait travailler à autre chosequ’à laver les alluvions aurifères. La culture du sol n’exis-tant pas encore, et n’attirant pas les bras, les denrées mon-tèrent énormément; les différents services firent de même*