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1 ’armc'e tonte entière que commandait le duc de Berry. Officiers , soi-dais , generaux , infanterie le'gère , infanterie de ligue , lanciers , dra-gons, cuirassiers, artillerie, tous vinrent au devant de leur generalque le clioix du peuple et le vœu de l'armée avaient élevé à l’empire, et lacocarde tricolore fut arborc'c par chaque soldat qui l’avait dans son sac.Tous foulèrent aux pieds cette cocarde blanche qui a e'té pendant vingt-cinq ans le signe de ralliement des ennemis de la France et du peuple.
Le 21 , à une heure après-midi , l’Empereur a passe' la revue detoutes les troupes qui composaient l’arme'c de Paris. La capitale entièrea c'te' témoin des sentimens d’enthousiasme et d’attachement qui ani-maient ces braves soldats. Tous avaient reconquis leur pallie ! tousc'taient sortis d’oppression ! tous avaient retrouve' dans les couleursnationales le souvenir de tous les sentimens généreux qui ont toujoursdistingue' la nation française. Après que l’empereur eut passé dans lesrangs, toutes les troupes furent rangées en bataillon carré.
« Soldats, dit l’empereur , je suis venu avec six cents hommes enFrance, parce que je comptais sur l’amour du peuple et sur le souvenirdes vieux soldats. Je n’ai point c'te' trompe' dans mon attente. Soldats !je vous en remercie. La gloire de ce que nous venons de faire esttoute au peuple et à vous. La mienne se réduit à vous avoir connuset appréciés.
« Soldats, le trône des Bourbons était illégitime , puisqu'il avaite'té relevé par des mains étrangères, puisqu’il avait été proscrit par levœu de la nation exprime par toutes nos assemble'es nationales; puis-qu’cnfin il n’offrait de garantie qu’aux intérêts d’un petit nombre d’hommesarrogans dont les prétentions sont opposées à nos droits. Soldats , letrône impétial peut seul garantir les droits du peuple, et surtout lepremier de nos intérêts , celui de notre gloire. Soldats , nous allonsmarcher pour chasser du territoire ces princes auxiliaires de l’étranger :la nation non-seulement nous secondera de ses vœux, mais même sui-vra notre impulsion. Le peuple français et moi nous comptons sur vous.Nous ne voulons pas nous mêler des affaires des nations étrangères;mais malheur à qui se mêlerait des nôtres ! »
Ce discours fut accueilli par les acclamations du peuple et des soldats..