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Mémoires pour servir à l'histoire de France en dix-huit cent quinze : avec le plan de la bataille de Mont-Saint-Jean / [Napoléon I.]
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1armc'e tonte entière que commandait le duc de Berry. Officiers , soi-dais , generaux , infanterie le'gère , infanterie de ligue , lanciers , dra-gons, cuirassiers, artillerie, tous vinrent au devant de leur generalque le clioix du peuple et le vœu de l'armée avaient élevé à lempire, et lacocarde tricolore fut arborc'c par chaque soldat qui lavait dans son sac.Tous foulèrent aux pieds cette cocarde blanche qui a e' pendant vingt-cinq ans le signe de ralliement des ennemis de la France et du peuple.

Le 21 , à une heure après-midi , lEmpereur a passe' la revue detoutes les troupes qui composaient larme'c de Paris. La capitale entièrea c'te' témoin des sentimens denthousiasme et dattachement qui ani-maient ces braves soldats. Tous avaient reconquis leur pallie ! tousc'taient sortis doppression ! tous avaient retrouve' dans les couleursnationales le souvenir de tous les sentimens généreux qui ont toujoursdistingue' la nation française. Après que lempereur eut passé dans lesrangs, toutes les troupes furent rangées en bataillon carré.

« Soldats, dit lempereur , je suis venu avec six cents hommes enFrance, parce que je comptais sur lamour du peuple et sur le souvenirdes vieux soldats. Je nai point c'te' trompe' dans mon attente. Soldats !je vous en remercie. La gloire de ce que nous venons de faire esttoute au peuple et à vous. La mienne se réduit à vous avoir connuset appréciés.

« Soldats, le trône des Bourbons était illégitime , puisqu'il avaite' relevé par des mains étrangères, puisquil avait été proscrit par levœu de la nation exprime par toutes nos assemble'es nationales; puis-qucnfin il noffrait de garantie quaux intérêts dun petit nombre dhommesarrogans dont les prétentions sont opposées à nos droits. Soldats , letrône impétial peut seul garantir les droits du peuple, et surtout lepremier de nos intérêts , celui de notre gloire. Soldats , nous allonsmarcher pour chasser du territoire ces princes auxiliaires de létranger :la nation non-seulement nous secondera de ses vœux, mais même sui-vra notre impulsion. Le peuple français et moi nous comptons sur vous.Nous ne voulons pas nous mêler des affaires des nations étrangères;mais malheur à qui se mêlerait des nôtres ! »

Ce discours fut accueilli par les acclamations du peuple et des soldats..