Au golfe Juan, le i. er mars i8i5.
Les Généraux, Officiers et Soldats de la Garde impériale, auxGénéraux , Officiers et Soldats de l’armée ( 1 ).
Soldats et Camarades !
Nous vous avons conservé votre empereur, malgré les nombreusesembûches qu’on lui a tendues ; nous vous le ramenons au travers desmers , au milieu de mille dangers ; nous avons abordé sur la terresacrée de la patrie avec la cocarde nationale et l’aigle impe'riale. Foulezaux pieds la cocarde blanche; elle est le signe de la honte et du jougimposé par l’étranger et la trahison. Nous aurions inutilement versénotre sang, si nous souffrions que les vaincus nous donnassent la loi i
Depuis le peu de mois que les Bourbons régnent, il vous ont cou-vaincus qu’ils n’ont rien oublié ni rien appris. Ils sont toujours gou-vernés par les préjugés, ennemis de nos droits et de ceux du peuple.
Ceux qui ont porté les armes contre leur pays , contre nous, sontdes héros j vous êtes des rebelles à qui l’on veut bien pardonner, jus-qu’à ce que l’on soit assez consolidé par la formation d’un corps d’ar-mée d’émigrés, par l’introduction à Paris d’une garde suisse, et parle remplacement successif de nouveaux officiers dans vos rangs ! Alorsil faudra avoir porté les armes contre la patrie pour pouvoir prétendreaux honneurs et aux récompenses ; il faudra avoir une naissance con-forme à leurs préjugés pour être officier. Le soldat devra toujours êtrei soldat; le peuple aura les charges, et eux les honneurs.
En attendant le moment où ils oseraient détruire la Légion d’Honneur,ils l’ont donnée à tous les traîtres, et l’ont prodiguée pour l’avilir; ils
(0 Moniteur du 21 mars i8i5.