( 08 )
Quatre compagnies d’artillerie , qu’on avait désespéré d'attacher 5■«ne cause totalement perdue, revenaient de Nîmes sur Toulouse. Lebaron de Yitrolles leur fit, donner, par le maréchal Pe'rignon , l’ordrede rétrograder sur Narbonne. J’c'hnlai cet ordre, et j’envoyai des offi-ciers intelligent dire à ccs compagnies d’arriver à Toulouse le pluspromptement possible, maigre les ordres du mare'clial Pe'rignon, queje pris sur moi de méconnaître. Mes dispositions étant ainsi re'gle'es,j’ai fait arrêter aujourd’hui, au point du jour, le baron de Yitrolles,Je fais faire en ce moment l’inventaire de scs papiers. J’ai fait arrêteraussi lo comte de Damas.
A l’in,staut , j’ai cru devoir me transporter chez le mare'cbal Pcri-gnon , bien que ses pouvoirs eussent cesse' d’après ceux que S. M. I.a bien voulu mo confier. J’ai propose à M. le maréchal de se mettreà la tête du mouvement que je préparais , consentant volontiers à luisacrifier l’honneur du cette journée , qui n'en aurait eu que plus d’éclat.M. le mare'clial ayant tergiverse'et montre'de la faiblesse, je n’ai pointinsisté; j’ai rnoi-même donné le signal, ot, à cinq heures du matin,le drapeau tricolore flottait sur nos clochers, et nos monumens publics:à la même heure , la garnison a pris la cocarde nationale aux accla-*içatious d’un peuple iinmeuse,
Midi sonne : l’enthousiasme est son comble. Les proclamationsde l’empereur produisent les plus vives sensations ; aucun excès n’aété commis ; aucun symptôme d’opposition ne s’est manifesté.
M. le pointe de Saint-Aulairc, préfet de ce département, s’est bienconduit,
MM. de Damas et de Vitrollcs m'ont fait demander instamment la,permission de partir. J’ai laissé M. de Damas , dont la capacitç estpeu dangereuse’, libre de s’acheminer pour l’Espagne , par les Hauteset Icij Basses-Pyrénées : ceci est d’ailleurs conforme au décret de l’em-pereur sur les émigrés.
Quant àM. de Yitrolles , j’ai cru important de le retenir, en raisondu caractère qu’il avait déployé ici , et de l’infâme conduite qu’il y atenue : j’attendrai, à son égard, les ordres de l’empereur.