ÉTUDES SUR UES RÉFORMATEURS.
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cette révélation n’avait pas écrit ses tables. Il avouait lui-même que la grande inconnue du problème social n’étaitpas dégagée, ne pouvait pas se dégager encore. Il se disaitMessie sans doute, mais Messie incomplet, obligé de cher-cher, en dehors de lui, ce qui manquait à sa formule syn-thétique de l’humanité. De leur côté, ses néophytes em-ployaient leurs veilles à des éludes sérieuses et à de grandstravaux préparatoires. Lors donc qu’on voyait ces hommessi jeunes et presque tous si consciencieux, s’unir pour larecherche des grandes vérités morales, philosophiques etreligieuses, s’embarquer sur l’occan orageux du doute, dansl’espoir d’aborder un jour à un monde nouveau ; quand onles voyait mettre en commun leurs pensées en meme tempsque leurs biens, chercher la lumière au milieu de ces théo-ries confuses, on hésitait à condamner celte tentative, ons’abstenait, on attendait. On savait que dans leurs réunionsintimes, ces audacieux penseurs agitaient avec une grandeliberté d’esprit les mystères éternels, écueil de l’orgueilhumain; on doutait toujours, et avec quelque raison, quetant d'efforts, tant d’énergie, tant d’originalité vinssentaboutir seulement à des résultats négatifs. On se taisait, ondevait se taire.
Aujourd’hui ces motifs de réserve n’existent plus, aumême degré du moins. La phase active et militante dusaint-simonisme est complètement terminée; il a dit à peuprès ce qu’il pouvait dire, fait ce qu’il pouvait faire. Sasynthèse est complète en ce sens quelle compose la sommetotale des forces mises en commun, et qu’elle a touché,dans ses dernières tentatives, à la limite de l’impuissance.Les diverses théories que la foi nouvelle se sentait la missiond’enseigner ont été proclamées, les unes hardiment, lesautres timidement. Elles ont eu le privilège de secouer d’un