9i
ÉTUDES SUlt LES RÉFORMATEURS.
soif des bravos, peut-être des sifflets de la foule : ils vou-laient se produire, attirer à eux, convertir, grandir en puis-sance, se faire aimer, réunir toutes les pensées en une pen-sée commune; enseigner au monde l’amour, l’harmonie etla paix. Ce fut alors que l’école devint une famille, puis uneéglise.
IV.
TROISIÈME ÉPOQUE.
L'Organisateur. — Famille de la rue Mousigny. — Le Globe.
Prédications publiques.
Le premier retour à une propagande ouverte fut la fonda-tion d’un organe spécial du saint-simonisme. VOrganisa-teur parut avec une périodicité hebdomadaire, et cette foisrien d’étranger à l’école n’eut accès dans la feuille qui luiservait d’interprète. L Organisateur fut une chaire pure-ment saint-simonien.
La fondation de la hiérarchie remonte aussi à la mêmeépoque. Dans l’ordre des dates, M. Olinde Rodrigues, ledisciple direct de Saint-Simon , aurait dû être le premierponlife de la religion. Mais la loi hiérarchique n’admettaitni droit d’héritage, ni priorité d’avénement; elle ne saluait,ne reconnaissait, ri acclamait (ce fut le mot consacré) que lacapacité. MM. Enfantin et Bazard se posèrent donc, en leurqualité de membres les plus sympathiques et les plus ca-pables, comme les chefs de la doctrine. On les acceptacomme tels. En effet, nul n’avait qualité pour leur disputerla tiare : la date de leur initiation, leurs travaux longs et