CHARLES EOLKIER.
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Tant de travaux, tant d’efforts, ne pouvaient pas toute-fois être perdus. A défaut de monarques qui lui tendissentla main, et des capitalistes qui le comprissent, Fouriertrouva des disciples qui allèrent vers lui sans qu’il fût allévers eux. La réalisation lui échappait, mais il allait fonderune école. Déjà, en 1814, il avait rallié à ses idées, M. JustMuiron % qui, dès lors associé à son œuvre, eu avait vaine-ment poursuivi l’application dans la fondation d’un comp-toir communal , pour lequel l’académie de Besançon refusason concours. Mais la propagande s’était arrêtée depuislongtemps à cette acquisition isolée, lorsque M. VictorConsidérant s’attacha aux projets de Charles Fourier commeau seul avenir des destinées humaines. Plein de dévouementet d’ardeur, il chercha à tirer sur-le-champ la doctrinesociétaire des voies spéculatives où elle se serait énervée etamortie. Charles Fourier, sur de sa force, attendait quel’on vint à lui, et dans les relalions ordinaires il apportait laforme absolue, tranchante, impérieuse de ses théories.M. Victor Considérant essaya de faire naître quelques oc-casions de contact entre ce génie boudeur retiré dans satente et un monde qui l’avait froissé, faute de le connaître.On s’occupa des moyens de propagation : des conférencesfurent ouvertes à Paris, dans lesquelles Fourier exposaquelques parties isolées de son système ; puis il songea à laprovince, cl M. Considérant ouvrit à Metz le premier courspublic sur la théorie.
C’était alors le moment où, après avoir jeté quelque éclat,le saint-simonisme se dispersait dans les voies du doute etdu découragement. Quelques-uns de ces novateurs, et entre
1 Just Muiron est une intelligence d'un ordre élevé. Le livre qu'ila écrit sur ta doctrine de Fourier est un beau morceau de morale et demétaphysique.