CHARLES FOL’RIER.
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que l’on veuille être vis-à-vis d’un esprit original, on ne peutdisconvenir que cette profusion de gracieux tableaux, quece cercle confus et passionné de créations naïves, joyeuses,f inattendues ; que ce désordre charmant, cette incohérence[ volontaire, qui sont une faute chez le savant, ne deviennentun titre réel pour l’homme d’imagination et pour le poëte.Les couleurs de ces paysages sont si fraîches et d’un effet sineuf, il y a tant d’éclat et tant de verve dans ces Géorgiquesidéales, qu’on s’abandonne, malgré soi, au flot descriptif,sans regretter l’appui moins fragile d’une démonstration sé-rieuse.
Un dernier reproche. Certes, il serait fâcheux que lascience parlât un langage mielleux ; mais il ne l’est pas moinsde donner un air rébarbatif aux vérités que l’on enseigne.Un savant ne doit être ni un paysan du Danube, ni un élé-gant du grand monde, il ne doit tremper sa plume ni dansle vinaigre, ni dans les essences. Le ton d’un homme quidémontre et qui veut attirer à lui, est un ton doux, grave,persuasif; ne concédant rien quant au fond, mais prêt à seî ployer à tous les tempéraments de forme. Peut-être Fou-rier aurait-il dû en cela résister à ses élans de franchise etde rudesse; peut-être aurait-il fondé plus sûrement son au-torité sur les intelligences, si à l’originalité de sa doctrineil eût joint ce que le saint-simonisme avait déplus que fui,j l’onction dans le style et la parfaite convenance dans leI langage.
i Ces prémisses posées, il est temps d’aborder l’expositionj des idées de Charles Fourier. Cette exposition demanderait• de longs volumes, si on ne lui appliquait une méthode de ri-goureuse sobriété. Initier les lecteurs à tout le système de Fou-ï rier, serait impossible et inutile ;la route serait trop longue,et ils ne s’y engageraient pas. Qu’ils aient une idée nette
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