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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
En étudiant l’organisation du travail, telle que la conçoitFourier, on y trouve encore une contradiction, au moinsapparente. Il admet la division comme moyen de perfection-nement, mais il supprime la continuité qui engendre le dé-goût. Ainsi un groupe exécutera une besogne, par courtesséances, et la quittera après l’avoir effleurée. Nous doutonsque cette mobilité ait pour les travailleurs tout l’attrait qu’onlui prête. Le plus rude instant d’un travail est précisémentla première heure; il faut se mettre , comme l’on dit, entrain ; la facilité n’arrive qu’à la longue. On aurait donc àessuyer la phase la plus pénible d’une tâche qu’il faudraitlaisser, au meilleur moment, pour aller recommencer ail-leurs et sur d’autres frais une initiation nouvelle. Évidem-ment c’est là un attrait fort peu attrayant. Si le travailleurn’a rien à y gagner, on peut craindre que le travail ne s’entrouve pas mieux. Jusqu’ici le perfectionnement d’un ou-vrage manuel tenait à sa division en parcelles confiées à plu-sieurs mains. Chaque détail, ainsi traité, acquérait, commeon le devine, une plus grande valeur, le même ouvrier exé-cutant constamment la même chose et avec une habiletétoujours croissante. Fourier maintient ce principe qui luiparaît fécond, mais il l’anéantit dans une combinaison con-tradictoire. Il divise le travail, mais il le livre à des mainssuccessives. Un groupe phalanstérien aura dix, quinze,vingt parcelles de travail à exécuter : il voltigera d’un ate-lier à l’autre, il ne sera pas obstinément attaché à une seulenature de production. Soit; mais alors les avantages d’unepratique incessante, sur un point donné, disparaissent.Cette exécution à la légère est incompatible, ce semble,avec la supériorité du travail. Un groupe qui fait tout, quiest propre à tout, ne peut pas tout faire avec l’habileté del'ouvrier qui n’exécute qu’une seule chose, qu’un seul dé-