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ÉTÜDES SUR LES RÉFORMATEURS.
parmi les hommes. A quelle civilisation cela peut-il con-duire, nous l’ignorons ; mais il n’en est pas moins vrai queces principes s’infiltrent, qu’ils germent, qu’ils portent leursfruits. On a conduit, on a poussé notre siècle vers la satis-faction, et il s’y précipite avec un acharnement qui épou-vante. On a voulu lui inspirer le mépris de ces vertus au-stères qui furent, en d’autres temps, 1 honneur et la parurede l’humanité, et il en est venu déjà à professer pour ellesau moins de l'indifférence. On lui a prêché le culte de l’u-tile, et il semble avoir perdu toute notion de la vraie gran-deur. En politique, les fonctions et les dignités sont l’objetd’un assaut continuel, où les combattants ne font que chan-ger de tactique et de rôle. En industrie, en littérature, lesexcès ont passé les bornes; le dédain de toute mesure et detoute règle a conduit droit à la dépravation et au chaos.L’ancienne moralité a disparu, et il est difficile de dire oùest la nouvelle. Au lieu de cette simple et sainte logiquequi gouvernait naguère les générations, on a aujourd’hui deschaires pour toutes les folies, des auditoires pour toutes lesmonstruosités. Le vertige est dans toutes les têtes, le douteest dans les âmes. On ne sait que croire et que proscrire.Si rien n’a été fondé, tout a été ébranlé. On dirait que lasociété se déserte elle-même, quelle se plaît au milieu deruines, quelle prête les mains à sa propre destruction.
Oui, depuis dix ans, il n’est aucun sentiment, aucunecroyance morale que l’on n’ait impitoyablement foulés, niés,compromis. L’amour, le respect de la famille semblaientseuls avoir survécu au grand holocauste des traditions so-ciales. On est entré dans ce sanctuaire et on l’a profané. Lacritique a toujours beau jeu quand elle s’exerce sur les in-firmités humaines. Il n’était pas difficile de faire rsssortirle ridicule des unions mal assorties, et de s’armer contre le