LES UTILITAlilES ET JJËBÉM1E BENTHAM.
151
CHAPITRE IV.
LES UTILITAIRES ET JÉRÉMIE BENTHAM
Ce n’est guère qu’à la suite do l'affaiblissement desidées religieuses qu’a pu se faire jour la morale moderuequi se fonde sur le calcul, et dont Bentham est l’un des re-présentants les plus célèbres. Dans les siècles qu’animaitune ombre de croyance , jamais il ne fût venu à l’espritd’aucun penseur de conduire les hommes à la vertu par lechemin de l’intérêt. Les théories qui concluent à la prati-que du bien à cause de l’utilité qui en résulte sont doncd’invention récente : elles ont cela de triste quelles attes-tent à la fois une décadence dans les mœurs publiques etun abaissement dans le principe qui gouverne les généra-tions humaines.
La plus grande erreur des écrivains qui ont proposé auxsociétés cette nouvelle règle de conduite , c’est d’avoir con-fondu deux choses qui demeureront éternellement distinctes,le sentiment et la raison. Quelques efforts que l’on fassepour les concilier, ces deux mobiles conserveront une ac-tion indépendante et divergente en plus d’un cas. La tête etle cœur ne se déterminent pas par les mêmes impressions ,
1 Memoirs ef Jeremy Benthamj by J Los - ring.