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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES sua LGS RÉFORMATEURS-

lui-mèmc persista jusqu’au dernier jour. Parmi scs ou-vrages posthumes,on trouva un écrit qui porte le titresuivant : » Ayant vécu pendant neuf mois, à ce qu’on» prétend, dans un état de maladie, et selon moi eu cours» de guérison, j’ai été la surprise de tous les médecins, et■> eux la mienne. » La première partie de ce singulier tra-vail nous est seule parvenue ; on y trouve plus d’ordre qu’onne pouvait en attendre d’une pareille tête, et, en dehorsd’une foule d’applications chimériques, quelques vues saines,cohérentes et philosophiques. Malheureusement la suitemanque, et c’est une perte. Le récit de la maladie de Har-rington, tracé par lui-même, eût été un document psycho-logique du plus grand intérêt. Il devait y expliquer « com-» ment il avait senti et vu la nature, c’est-à-dire comment» elle pénétra d’abord dans ses sens, et de ses sens dans son» intelligence. » Peut-être le délire logique de Harrington,eût-il jeté quelque lumière sur ce grand problème que Hob-bes nomme celui de la nature humaine, et Locke celui del'entendement humain. L’aberration intellectuelle, dans unsujet chez lequel le raisonnement n’avait rien perdu de savigueur, et qui discutait gravement sa folie, devait offrirdes phénomènes curieux. Il est à regretter que Harringtonn’ait pas écrit ce livre, certainement aussi précieux queYOcetma. Après quelques années d’une vie languissante, ilmourut à Westminster le 17 septembre 1677.

Voilà ce que furent ces deux hommes, Hobbes et Har-rington, esprits originaux, qui, dans un sens contraire,envisagèrent sans faiblir le problème social, et eurent lecourage de proposer chacun une solution. Celui-ci la trouvadans l’asservissement; celui-là dans une sorte de liberté quiprocède par librations : l’un et l’autre sont hors du vrai.Ilobbes a plus de vigueur dans l’intelligence ; Harrington