lxxviij BIOGRAPHIE
danger la liberté de notre confrère. J étais très-disposé à la blâmer. J’y mettais pour uniquecondition que Condorcet ne se trouvait pas enétat de légitime défense; que Necker et sesadhérents n’avaient dirigé contre lui et contreTurgot aucune parole blessante : or, tel n’étaitpas, à beaucoup près, l’état des choses.
Buffon écrivait au célèbre banquier : « Je n’a-« vais rien compris à ce jargon d’hôpital de ces« demandeurs d’aumônes, que nous appelons« économistes. »
Necker accusait les mêmes écrivains « decc chercher à tromper les autres , et de s’en« imposer à eux-mêmes. » Il les peignait commedes imbéciles, et s’oubliait même au point deles comparer à des bêtes féroces. Sa brochurecontre la libre circulation des grains avait d’ail-leurs été publiée, d’une manière fort inoppor-tune , entre les émeutes sanglantes de Dijon etde Paris.
C’est au lecteur à décider si celui-là avait bienle droit de se plaindre , qui, après s’être servid’une dague , n’avait reçu de son adversairequ’une piqûre d’épingle.