Cxlviij BIOGRAPHIE
assurer qu’ils confirmeront ee jugement que por-tait Daunou sur l’ensemble de l’Esquisse : « Je« n’ai connu aucun érudit, ni parmi les natio-« naux, ni parmi les étrangers, qui, privé de« livres comme l’était Condorcet, qui, n’ayant« d’autre guide que sa mémoire, eût été capable« de composer un pareil ouvrage. »
Dès que l’état fébrile d’auteur eut cessé, no-tre confrère reporta de nouveau toutes ses pen-sées sur le danger que sa présence, rue Ser-vandoni, faisait courir à madame Vernet. Ilrésolut donc, j’emploie ici ses propres expres-sions, il résolut de quitter le réduit que le dé-vouement sans bornes de son ange tutélaireavait transformé en paradis.
Condorcet s’abusait si pep sur la conséquenceprobable du projet qu’il avait conçu ; les chan-ces de salut, après son évasion, lui paraissaienttellement faibles, qu’avant de se dérober auxbienfaits de madame Vernet, il rédigea ses der-nières dispositions.
Cet écrit, je l’ai tenu dans mes mains, etj’y ai trouvé partout les vifs reflets d’un espritélevé, d’un cœur sensible et d’une belle âme.