DE CONDORCET. clvij
de Bourg-la-Reine ouvrit la porte de son cachotpour remettre aux gendarmes le prisonnier en-core inconnu qu’on devait conduire à Paris, il netrouva plus qu’un cadavre. Notre confrère s’é-tait dérobé à l’échafaud par une forte dose depoison concentré, qu’il portait depuis quelquetemps dans une bague (i).
Bochard de Saron, Lavoisier, la Rochefou-cauld, Malesherbes, Bailly, Condorcet, tel fut lelugubre contingent de l’Académie pendant nossanglantes discordes. Les cendres de ces hom-mes illustres ont eu des destinées bien diverses.Les unes reposent en paix, justement entouréesdes regrets universels; les autres sont soumisespériodiquement au souffle empesté et trompeurdes passions politiques.
J’espère que les forces ne trahiront pas mavolonté, et que bientôt, à cette même place,je pourrai dire ce que fut Bailly. Aujourd’hui,je n’aurais pas accompli ma tâche dans ce qu’elle
(i) Ce poison (on ignore sa nature) avait été préparé,dit-on, par un médecin célèbre. Celui avec lequel Napo-léon voulut se donner la mort à Fontainebleau, avait lamême origine et datait de la même époque.