Clxij BIOGRAPHIE
face, des paroles affectueuses à aucun de sesparents ou de ses amis ; mais jamais aussi il nelaissa échapper l’occasion de leur donner despreuves d’attachement : il était malheureux deleurs malheurs ; il souffrait de leurs maux, aupoint que son repos et sa santé en furent plusd’une fois gravement altérés.
D’où provenaient donc les reproches d’in-sensibilité si souvent adressés à notre confrère ?C’est qu’on prenait, je n’hésite pas à le redire,l’apparence pour la réalité; c’est que jamais lesmouvements d’une âme aimante ne se peignirentni dans la figure ni dans la contenance de Con-dorcet. Il écoutait avec l’air le plus indifférentle récit d’un malheur; mais après, quand chacunse contentait d’exhaler sa douleur en de vainesparoles, lui s’éclipsait sans mot dire, et portaitdes secours, des consolations de toute natureà ceux dont les souffrances venaient de lui êtrerévélées.
Vous savez maintenant le véritable sens de cesparoles de d’Alembert : « Condorcet est unvolcan couvert de neige. » On s’est complètementmépris sur la pensée de l’immortel géomètre,en persistant à voir dans son assimilation pitto-