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Tome premier.
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CORRESPONDANCE

4 . A CONDORCET (i).

À Ferney, 1 er février 177a.

Le vieux malade de Ferney a eu l’honneur, Mon-sieur, de vous envoyer les fadaises du question-neur (2) par la voie que vous lui avez indiquée. Jene sais si vous aurez des moments pour lire deschoses si inutiles. Un homme qui ne sort pas de sonlit, et qui dicte au hasard ses rêveries, n’est guèrefait pour amuser.

Il me paraît que tous les honnêtes gens ont étéd’autant plus sensibles à la perte d’Helvétius, queles marauds d’ex-jésuites et les marauds d’ex-convul-sionnaires ont toujours aboyé contre lui jusqu’audernier moment. Je n’aimais point son livre, maisj’aimais sa personne.

Vous avez grande raison, Monsieur, de dire qu’ona souvent exagéré la méchanceté de la nature hu-maine; mais il est bon de faire des caricatures desméchantes gens, et de leur présenter des miroirs quiles enlaidissent. Quand cela ne servirait qu’à en cor-riger un ou deux sur vingt mille, ce serait toujoursun bien.

Pour les autres Welches qui se passionnent pourou contre les parlements, cela passera, comme le jan-sénisme et le molinisme ; mais ce qui ne passera

(1) Voltaire, t. LXVII, page 35o.

(1) Les Questions sur VEncyclopédie. B.