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CORRESPONDAiVCE
toutes les bégueules titrées l’ayant trouvée irréligieuselorsqu’on l’a jouée à Versailles, et lui en ayant faitdes reproches, il a dit que ce n’était plus la même.Nous l’avons convaincu d’avoir menti, et voilà qu’ilest regardé dans son parti comme un confesseur. Onle compare aux saints pères qui mentaient si effron-tément pour la foi, et il aura une grosse pensionsur l’abbaye de Thélème à la première promotion.En attendant, on a défendu, à sa sollicitation, l’im-pression et la représentation du même ouvrage qu’ilavait approuvé. Assurément cet homme aurait encorebesoin qu’on lui donnât des conseils raisonnables (i).
Notre ami (a) est secrétaire perpétuel de l’Acadé-mie française. Les ennemis de la philosophie ont faitune belle défense; mais les soldats de Gédéon vain-cront toujours les Madianites en les éblouissant àforce de lumière. Vous savez sans doute le détail detout cela. On parle des mœurs et des principes quedoivent avoir ceux qu’on recevra à l’avenir, et lesgens qui ont sollicité cette lettre ou qui y applau-dissent sont le maréchal de Richelieu, le Paulmy, leSéguier et l’abbé de Voisenon.
Quis tulerit Gracchos de seditione querentes (3).
Adieu, mon illustre maître; envoyez-moi ce neu-vième volume pour que je ne me croie pas oubliéde vous.
(1) Conseils raisonnables à M. Bergier pour la défense duChristianisme, t. XLIV des oeuvres de Voltaire.
(2) D’Alembert.
(3) Juvénal, sat. Il, v. 24.