CORRESPONDANCE
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comédien, ou un souffleur, ou un ouvreur de lo-ges (i), qui barbouille celte tragédie de vers de safaçon , qui supprime ce que j’ai fait de plus passa-ble, qui gâte le reste, et qui vend le tout à un fa-quin de libraire nommé Valade. Le maraud imprimeet débite hardiment la pièce sous mon nom, sans ap-probation, sans privilège. Ce brigandage est dignedu tripot de la comédie, et de tous les petits tripotsqui partagent votre ville. Pourriez-vous en dire oufaire dire un mot à M. de Sartine?
L’avocat Belleguier (a) me mande de Grenoblequ’il ne sait comment vous envoyer sa diatribe; ayezla bonté de lui donner une adresse, et mettez un Cau bas de vos lettres, de peur de méprise. Allons ,combattons jusqu’au dernier soupir.
V.
10. A CONDORCET.
i er mars 1773.
J’ai reçu, Monsieur, un petit ouvrage d’or (3), àmon vingt-deuxième accès de fièvre; je l’ai lu toutde suite. Je ne suis pas guéri, mais je suis en vie, etje crois que c’est à vous que je le dois. Cet ouvrageest un monument bien précieux : vous paraissez par-
( 1) Point du tout ; c’était Marin. Voltaire le sut plus tard,et le dit dans sa lettre à d’Argentai du »5 février 1774.
(2) Voyez la lettre précédente.
( 3 ) Les Eloges des académiciens de l’Académie royale dessciences, morts depuis l’an 1666 jusqu’en 1699, par Condorcet,vol. II, p. 1.