CORRESPONDANCE
8o
Picard, nommé d’Elallonde. Cette disparate m’ac-cable de douleur; réparez-la, je vous en conjure, enfaisant entendre raison à Beaumont (i).
Adieu, Monsieur; mon chagrin est extrême; iln’est balancé que par mon espérance en vous.
y.
40 . A CONDORCET.
4 mai 1775.
J’envoie à l’orateur de la raison et de la patriequelques exemplaires de son ouvrage sur les blés ( 2 ),qui m’arrive dans le moment. Veut-il qu’on lui enfasse passer d’autres ?
Il sera servi sur-le-champ.
J’attends la continuation des lettres qui soutien-nent les opinions d’un sage (3) contre les systèmesd’un banquier (4). Ce procès doit intéresser toutela nation et l’Europe entière.
Je suis très-fâché qu’un banquier défende une simauvaise cause. Je suis fâché aussi d’avoir prié lesBertrands de demander l’avis de Beaumont et deTarget. Quand on veut conduire ses affaires à centlieues de chez soi, on les fait toujours mal. A peinea-t-on écrit une lettre qu’il survient un incident quichange tout, et c’est à recommencer.
N’allez point chez des avocats, messieurs Bertrands,ne faisons rien, et attendons.
(t) Elie de Beaumont, avocat de d’Étallonde.
(2) Réflexions sur le commerce des blés. (Voy. t. XI, p. 99.)Imprimé à Genève par les soins de Voltaire.
( 3 ) Turgot.
(4) Necker.