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Tome premier.
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ENTRE TURGOT ET CONDORCET. 223

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trat s’est, dit-on , avisé de faire un enfant à une autrequ’à madame de Goëzman, apparemment dans unede ces époques où madame n’a pas sa tête (1). Cet en-fant, il l’a. fait baptiser, et ensuite par décence ila signé sur l’acte un autre nom que le sien. Beau-marchais a découvert ce trait de pudeur; il l’a en-venimé, et, sur la dénonciation de M. le procureurgénéra], son digne confrère a été décrété d’ajourne-ment. personnel. Au reste, on dit que Beaumarchaisa eu défense de faire paraître un mémoire contreMarin, qui a seul le privilège de diffamer qui il luiplaît. Que l’ordre de la justice soit violé pour ungrand, c’est sans doute un horrible mal; mais qu’ilsoit violé pour un homme tel que Marin, c’est, selonmoi, le comble de l’avilissement et du scandale.

Savez-vous que les professeurs d’Auxerre ont étécondamnés aux galères (2) par le bailliage? L’évêqueest impliqué dans cette abomination. Leur crime estd’avoir mal parlé de personnes très-respectables.

Nous avons enfin des nouvelles du comte de Cril-lon. Il est à Berlin : il a vu Frédéric, il l’admire. Di-derot baise à Saint-Pétersbourg les mains de l’impé-ratrice.

Grâces au ciel, ces mains ne sont pas criminelles !

(1) « M me Goëzman (dans son second récolement) prétend

« qu’elle ne savait ce qu’elle disait, et n’avait pas sa tête à elle,« étant dans un temps critique. — Critique à part, madame, lui« dis-je, en baissant les yeux pour elle, etc.»

(Beaumarchais, suppl. au Mém. h consulter .)

(2) Voyez plus loin deux lettres de janvier 1 774, n os 4 1 et 42.