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Tome premier.
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229
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ENTRE TURGOT ET CONDORCET. 229

M. d’Aiguillon restera ministre. Vous voyez à quoicela prépare. J’ai lu le mémoire des professeursd’Auxerre (i) : c’est une grande infamie que cetteaffaire! Je ne sais trop si l’évêque pourra s’en laver.Mais vouloir faire perdre leur place à ces pro-fesseurs, et pour cela leur susciter un procès crimi-nel; les accuser de discours séditieux; les juger sui-des dépositions d’écoliers, parents des juges, detonsurés vendus à l’évêque, de nouveaux profes-seurs actuellement en procès avec eux; faire uncrime d’avoir fait lire Nicole et l’Ancien Testamentde Mezangui , c’est une grande barbarie , une plusgrande absurdité, et surtout une effroyable bassessede la part des Auxerrois.

Adieu, Monsieur; revenez donc nous voir. Made-moiselle de l’Espinasse est mieux depuis quelquesjours.

42 , A TURGOT.

Ce 10 janvier 1774.

J’ai lu le mémoire des Auxerrois, Monsieur, et j’aibien peur que leur évêque ne se lave pas aisémentdu reproche d’être complice d’une des plus lâchesatrocités qu’on ait encore vues. Jusqu’ici les nomsde conspirations, de magie, etc., avaient servi devoile à ces actes de tyrannie ; mais ici c’est une bas-sesse avouée; il y a eu plus de perversité et de

(1) Us furent condamnés aux galères. Voyez les lettres 38 , 4 oet 42.