COHUES POND AN CE
*44
de mal, et qu’à force de faire des sottises il ne vienneà bout de persuader que M. de Choiseul est unhomme nécessaire. Prenez garde aux dévots! Imbé-ciles ou fripons , il n’y a pas de milieu dans ce sièclepour ceux qui n’ont pas toujours été confinés dansune capucinière; ils trament des méchancetés ouservent d’instruments aux méchants.
Adieu ; il me semble qu’il y a déjà bien longtempsque je vous ai quitté; je ne puis plus me consoler enattendant de longues lettres. Je commence à sentirque j’ai perdu à votre ministère , et j’ai besoin deréflexion pour me consoler. Il faut que je pense ànos colonies, à leurs malheureux habitants, oppri-més par des gens déshonorés en Europe, et qu’onenvoie chercher la fortune aux Indes; à ces nègresque Louis XIII a abandonnés à la barbarie de leursmaîtres, dans la sainte espérance qu’on pourrait lesrendre chrétiens à force de coups de fouet. Je voisd’avance le bien que vous ferez à ces infortunés. J’enjouis, et il me semble que rien ne ressemble plus àun ange envoyé du ciel pour réparer les maux de laterre, qu’un vaisseau arrivant aux colonies, chargéde vos ordres consolateurs.
5t. A TURGOT.
Ce dimanche, juillet 17 74-
Celle-ci est, Monsieur, pour le ministre de la ma-rine (1).
( 1 ) Bernardin de Saint-Pierre, revenu depuis trois ans d unvoyage à Pile de France, sollicitait d’être envoyé par terre aux