ENTRE TURGOT ET CONDORCET. s55
conduite du saint assez ecclésiastique. La devise del’auteur est : Qui malispartit, bonis nocet.
Je persiste à croire qu’il n’y a aucune raison niprétexte pour rétablir les parlements , sans les avoir-assujettis à des conditions qui mettent les citoyens àl’abri de leur oppression , et avoir réformé ce qu’ily a de plus défectueux dans nos lois. Ces réformesdeviendront plus difficiles après le rétablissement.À la vérité, ils ont demandé autrefois des conférencespour examiner et corriger l’ordonnance criminelle:mais quel horrible présent serait-ce faire à la nationqu’un code dressé par les assassins de Lalli, de deLa Barre, etc., et quelle honte, dans un siècle éclairé,de charger d’un emploi si important des gens infé-rieurs de trois siècles à leur temps et ridiculespar leurs préjugés ! Je ne vois pas que rien soitbien pressé, excepté le rappel des exilés, qu’onpeut regarder comme fort indépendant du reste. Ilvaut mieux garder des tribunaux civils encore quel-que temps que d’établir des tribunaux tyranniques.D’ailleurs le but secret de toutes ces intrigues est leretour de M. de Choiseul dans le ministère. C’estpour nous donner un ministre déprédateur que l’onveut nous rendre un parlement oppresseur. J’espèreque vous n’êtes point la dupe de ce projet, à la têteduquel sont des gens de vos amis , d’esprit accort etsouple, qui, selon le vent qui souffle, veulent nousdonner tantôt les jésuites, et tantôt le parlement quiles a détruits.
Après le mal d’avoir une religion intolérante , dontla morale dirigée par les prêtres est nécessairement