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Tome premier.
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a86 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.

Je ne puis être de votre avis sur la manière dontvons faites dépendre le prix du nombre des acheteurset des vendeurs. En supposant que s’il y a cinquantevendeurs, par exemple, ils n’aient à vendre que lamoitié des marchandises que cent vendeurs auraientà vendre, et de même pour les acheteurs (en sorteque chaque individu ait toujours une quantité égaleà vendre ou à acheter), leur nombre n’est plusqu’une quantité abstraite, et non le nombre réeldes acheteurs ou des vendeurs. D’ailleurs, indépen-damment de la quantité totale des marchandises oudemandées ou exposées en vente, les variations deces nombres peuvent influer sur le prix. Ainsi, dequelque manière que vous entendiez ces nombres,je ne crois pas qu’ils puissent être regardés commeles seuls éléments du prix. Mais quand cela seraitvrai, comment pourrait-on prouver que le prix estégal au rapport de ces deux nombres multipliés parune quantité invariable? Les faits ne peuvent donnerde ces mesures précises, et paraîtraient plutôt con-tredire celle-là. Quant au raisonnement analytiqueque votre éditeur emploie, son analyse est fort in-génieuse; mais les conditions par lesquelles il déter-mine sa fonction ne sont pas suffisantes : il y a uneinfinité d’autres fonctions qui y satisferaient. Ainsi,Monsieur, je crois qu’il vaudrait mieux vous bornerà déterminer les qualités variables qui, en augmen-tant, peuvent faire augmenter le prix, et celles quile peuvent faire diminuer, sans même aller jusqu’àdéterminer comment elles peuvent se compenser lesunes les autres. Il me semble que ni les faits, ni les