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Tome premier.
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305
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CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.

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13 AU ROI DE PRUSSE.

A Paris, ce a mai 1785.

Sire,

L’ouvrage que j’ai l’honneur deprésenterà Votre Ma-jesté (1) traite d’objets très-importants. J’ai cru qu’ilpourrait être utile d’appliquer le calcul des probabi-lités à celle des décisions rendues à la pluralité desvoix; et comme j’ai toujours aimé presque égalementles mathématiques et la philosophie, je me suis trouvéheureux de pouvoir satisfaire deux passions à la fois.

Je n’ose désirer que Votre Majesté daigne jeter lesyeux sur un discours, beaucoup trop long peut-être,où j’ai exposé les principes et les résultats de l’ou-vrage, dégagés de tout l’appareil du calcul. Je pren-drai seulement la liberté de lui parler de deux deces résultats. L’un conduit à regarder la peine demort comme absolument injuste, excepté dans lescas où la vie du coupable peut être dangereuse pourla société. Cette conclusion est la suite d’un principeque je crois rigoureusement vrai : c’est que toutepossibilité d’erreur dans un jugement est une vérita-ble injustice, toutes les fois qu’elle n’est pas la suitede la nature même des choses, et qu’elle a pour causela volonté du législateur : or, comme on ne peutavoir une certitude absolue de ne pas condamneruninnocent; comme il est même très-probable que,dans une longue suite de jugements, un innocent sera

( 1 ) Essai sur le calcul des probabilités.

I.

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