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Tome premier.
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CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.

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et leur silence les expose au reproche d’ingratitude,à moins qu’ils ne permettent de le regarder commeun aveu de leur ignorance. Cette ignorance est laplaie secrète de notre littérature et de notre philo-sophie. On fait des phrases, parce qu’on n’a pointd’idées; on écrit d’un style extraordinaire, parcequ’on n’a que des choses communes à dire, et ondébite des paradoxes, faute de pouvoir trouver desvérités qui ne soient pas triviales.

Je suis avec le plus profond respect, etc.

17 . DU ROI DE PRUSSE.

Potsdam, 9 août 1785.

J’ai reçu la médaille de M. D’Alembert que vousavez eu la bonté de m’envoyer. J’aurais voulu qu’onlui eût laissé sa perruque, comme il la portait d’or-dinaire, parce que rien ne contribue plus à la res-semblance que de graver les hommes dans l’ajuste-ment où on était accoutumé de les voir. 11 est singulierque M. de Saint-Remy ait fondé un prix pour lesmédailles des philosophes, et que beaucoup de gensde lettres qui avaient des obligations à M. D’Alem-bert se soient dispensés d’en faire l’éloge. Rien deplus rare dans le monde que la reconnaissance tou-tefois la mémoire de M. D’Alembert n’y perd pasgrand’chose, et il vaut mieux n’être point, loué quede l’être mal. Les beaux jours de la littérature sontpassés, il n’y a que des trônes vacants et pas de pos-tulants dignes de s’y placer. Vous qui avez été l’élèvedu grand homme que nous regrettons , vous seulpouvez lui succéder. Sur ce, etc., etc.