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Tome premier.
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DISCOURS DE RÉCEPTION

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marqués également par une découverte nouvelle etpar une invention utile. Ce spectacle, à la fois su-blime et consolant, est devenu l’habitude de ma vieet une partie de mon bonheur. Ces sciences , pres-que créées de nos jours, dont l’objet est l’hommemême, dont le but direct est le bonheur de l’homme,n’auront pas une marche moins sûre que celle dessciences physiques; et cette idée si douce, que nosneveux nous surpasseront en sagesse comme en lu-mières, n’est plus une illusion.

En méditant sur la nature des sciences morales,on ne peut, en effet, s’empêcher de voir qu’appuyéescomme les sciences physiques sur l’observation desfaits, elles doivent suivre la même méthode, acquérirune langue également exacte et précise, atteindreau même degré de certitude. Tout serait égal entreelles pour un être qui, étranger à notre espèce, étu-dierait la société humaine comme nous étudionscelle des castors ou des abeilles. Mais ici, l’obser-vateur fait partie lui-même de la société qu’il observe,et la vérité ne peut avoir que des juges ou préve-nus ou séduits.

La marche des sciences morales sera donc pluslente que celle des sciences physiques; et nous nedevons pas être étonnés si les principes sur lesquelselles sont établies ont besoin de forcer, pour ainsidire, les esprits à les recevoir, tandis qu’en physiqueils courent au-devant des vérités, et souvent mêmedes erreurs nouvelles. Mais pendant que, dans lessciences morales, l’opinion encore incertaine semblequelquefois retourner sur ses pas et s’attacher aux