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Tome premier.
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401
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a l’académie française. 401

le consoler? Peut-être le courage de la vertu est-ilmoins nécessaire aux rois qu’un esprit juste et leslumières. Dans tous les hommes, l’ignorance est lasource la plus féconde de leurs vices : mais c’est sur-tout pour les hommes revêtus d’un pouvoir suprêmeque cette vérité est incontestable; c’est pour eux sur-tout cju’il est vrai que l’intérêt personnel et la jus-tice, leur bonheur et celui de leurs concitoyens,sont liés par une chaîne indissoluble. Eux seuls peu-vent opposer aux faibles intérêts de leurs passions,et l’opinion de l’univers, dont l’œil inquiet et sévèreles observe et les juge, et la destinée de tout unpeuple attachée à un instant d’égarement ou de fai-blesse.

Parmi les philosophes qui ont regardé le progrèsdes lumières comme le seul fondement sur lequel legenre humain pût appuyer l’espérance d’un bonheuruniversel et durable, plusieurs ont. cru que cesmêmes progrès pouvaient nuire à ceux des lettres etdes arts; que l’éloquence et la poésie languiraientdans une nation occupée de sciences, de philosophieet de politique.

Cependant les principes des arts sont le fruit del’observation et de l’expérience; ils doivent donc seperfectionner, à mesure que l’on apprend à observeravec plus de méthode, de précision et de finesse.

Les hommes, en s’éclairant, acquièrent plus d’i-dées, et ces idées sont plus justes; les nuances quiséparent les objets deviennent à la fois plus fines etplus distinctes. Les langues doivent donc alors seperfectionner et s’enrichir ; car leur véritable richesseI. x(i