434 DISCOURS A l’académie FRANÇAISE.
ces était contraire au goût dans les lettres; tandisqu’un autre préjugé faisait craindre pour les sciencesla distraction où peut entraîner l’amour de la litté-rature, et la facilité que donne l’art d’écrire pourfaire valoir de petits objets ou voiler les défauts d’unouvrage. Votre exemple, Monsieur, est une réponsede plus, qui doit servir à prouver combien de pa-reilles craintes sont chimériques. Si ces préjugés,chers à quelques littérateurs ignorants et à quelquessavants médiocres, n’ont pour cause que la répu-gnance avec laquelle ils consentiraient à reconnaîtredans un seul homme une double supériorité, votrecaractère peut encore les désarmer; et, par une ex-ception honorable, vous échapperez sans doute à laproscription, que la médiocrité a prononcée contretous ceux qui osent embrasser deux genres si éloi-gnés en apparence, et ont le bonheur dangereux etrare de réussir dans tous deux.