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Tome premier.
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a l’académie FRANÇAISE. 44 1

nie qui avait créé des sciences nouvelles, et franchil’espace sur le bord duquel Newton s’était arrêté. Ilcroyait qu’une société d’hommes de lettres, chargéedes intérêts de la raison comme de ceux de la litté-rature, devait, avec un courage égal, opposer unebarrière au mauvais goût qui dégrade l’esprit hu-main, et aux préjugés qui l’égarent ou l’abrutissent;et il veillait avec un zèle infatigable pour que leschoix, les jugements, les démarches de la compa-gnie dont il était l’organe, répondissent à une des-tination si noble et si utile.

Combien de fois l’avons-nous entendu dans cesassemblées, tantôt combattre les préjugés littérairesavec les armes d’une philosophie sage et lumineuse,tantôt accabler les ennemis de la raison sous les traitsde l’éloquence ou de la plaisanterie, n’employantque les ménagements qui étaient utiles à la cause dela vérité, évitant avec adresse de soulever contre elleles esprits timides ou prévenus, mais dédaignant lesclameurs dont lui seul était l’objet, et bravant aveccourage cette foule impuissante d’ennemis et d’en-vieux que les vertus et les talents traînent à leursuite!

Il existe dans la littérature et dans la philosophie,un nombre beaucoup plus grand qu’on ne croit d’o-pinions qui se transmettent d’âge en âge, qu’on re-garde comme certaines, parce qu’on les a toujourscrues, dont on a mille fois prétendu donner des preu-ves, et que jamais on n’a examinées. M. D’AJembertse plaisait à combattre ces opinions , à les montrertelles qu’elles étaient, dénuées de tout ce que le temps,