SUR LES SCIENCES MATHÉMATIQUES, 4^7
plication aux questions de mécanique, et il ne putéchapper à son génie actif et pénétrant. En résolvantenfin le premier, par ces mêmes principes, le pro-blème de la précession des équinoxes, il eut la gloirede mettre la dernière main à l’édifice élevé par New-ton , et la France put reprendre parmi les nationssavantes le rang dont elle paraissait être tombée de-puis le temps de Descartes. Euler, rival et contem-porain de D’Alembert, comme Leibnitz l’avait étéde Newton, embrassait dans ses travaux immensestoutes les parties des mathématiques et reculait lesbornes de chacune. Il sentit que l’analyse algébriqueétait l’instrument le plus étendu, le plus sûr, quel’on pût employer dans toutes ces sciences, et il sutla rendre d’un usage général. Cette révolution, quidevait mettre le comble à celle que Descartes avaitcommencée, et que la découverte des nouveaux cal-culs avait accélérée, a été son ouvrage, et lui a mé-rité l’honneur, unique jusqu’ici, d’avoir autant dedisciples que l’Europe peut compter de géomètres.
L’application du calcul aux questions de la méca-nique rationnelle, à celles où l’on considère les corpssous un point de vue abstrait, ne suffit pas à nosbesoins, il faut y ajouter celle des théories mécani-ques à la physique, c’est-à-dire, aux corps tels qu’ilsexistent dans la nature. Cette application, qui de-mande un mélange adroit de calculs et d’expériences,de raisonnements et de démonstrations, est pourainsi dire une science particulière très-étendue, très-utile, et qui semble former la liaison entre lessciences de calcul et les sciences d’observation. Elle
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