Band 
Tome premier.
Seite
481
JPEG-Download
 

SUR LUS SCIENCES MATHÉMATIQUES. 481

Huer le nombre des gens à prétention , c’est de cher-cher à diminuer celui des dupes qu’ils font ou qu’ilscroient faire. Les lumières superficielles valent mieuxque l’ignorance, pourvu que ces lumières superfi-cielles soient très-répandues; c’est seulement lors-qu’elles sont très-rares qu’elles peuvent inspirer l’or-gueil de s’ériger en juge, ou la vanité de se parer dupeu qu’on sait. Toute connaissance réelle, quelquelégère qu’elle soit, est utile lorsqu’elle est commune,et il n’y en a point qui ne puisse devenir nuisible,tant qu’un petit nombre d’hommes la posséderaexclusivement.

Si nous sommes assez heureux pour remplir notrebut, si nous ne nous sommes pas trompés en regar-dant comme praticable le plan d’instruction quenous avons eu l’honneur de vous exposer, nous enserons récompensés par le plaisir d’avoir contribuéà vous faire aimer une science à l’étude de laquellenous avons consacré notre vie.

M. Lacroix s’est chargé d’un travail que mesoccupations ne me permettaient point d’entrepren-dre , et dans lequel il apportera tout ce qui m’au-rait manqué, un talent distingué pour les sciences,des connaissances qui embrassent toutes les partiesdes mathématiques, et l’habitude d’enseigner. Si j’aiosé lui servir d’interprète et tracer le plan de ce qu’ildoit exécuter, c’est qu’il a bien voulu me supposercette expérience que l’âge peut donner. Sa préventionen ma faveur et sa modestie lui ont fait une illusiondont je crains bien que vous n’ayez eu trop à vousplaiudre.

I.

3i