LETTRE AU PRÉSIDENT, ETC. 5l3
apercevoir que l’exécution littérale du décret de l’As-semblée nationale serait susceptible de beaucoup dedifficultés, principalement pour les mesures degrains. Elle a craint que s’il lui était envoyé des éta-lons de toutes les mesures de cette classe, qui exis-tent dans les municipalités du royaume, le nombren’en fût si considérable qu’aucun local ne fût assezgrand pour les contenir, et qu’on ne se jetât dansun travail immense, où il serait difficile, peut-êtreimpossible, d’éviter la confusion.
L’Académie se serait fait un devoir de surmonterces difficultés, si elle avait pu espérer, en prenant laroute la plus pénible et la plus longue, d’arriverplus sûrement au but que se propose l’Assemblée na-tionale; mais elle a considéré que la plupart desmesures de grains, déposées dans les municipalités,étaient fort irrégulièrement construites ; que plu-sieurs avaient été altérées, et n’étaient plus confor-mes aux titres de leur établissement; en sorte quel’Académie, en opérant sur de telles mesures, s’ex-poserait à consacrer des erreurs ou des infidélités.
Elle a considéré de plus, que le rapport des diffé-rentes mesures entre elles était communément dé-terminé avec une précision suffisante pour les be-soins du commerce, dans l’étendue des cantons oùelles sont en usage, ainsi que dans les marchés voi-sins; que ces rapports étaient presque toujours éta-blis par des titres, par des procès-verbaux déposésdans les greffes des tribunaux ou des municipalités ,enfin par une tradition constante; que de deuxchoses l’une : ou les expériences faites à Paris par