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Tome premier.
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LE VÉRITABLE

tout ce que veut le peuple, non dans les assembléesrégulières, mais lorsqu’il délibérera en tumulte dansles rues, sous les portiques. C’est là surtout que Dé-magoras aime à le consulter. Jamais il ne trouvequ’il se soit assez réservé de pouvoir ; il lui propo-sera peut-être demain de faire des plans de campa-gne, et de diriger lui-même du fond de la place pu-blique ses armées et ses flottes. Le peuple n’a-t-ilaucune fantaisie? Démagoras tient à ses ordres desorateurs subalternes, prêts à lui en donner de nou-velles. La seule vue de son cortège fait frémir lesbons citoyens; on y voit jusqu’à ceux qui ont accuséet déshonoré son père. Si l’aréopage en poursuitquelques-uns, il dénonce l’aréopage au peuple commel’ennemi de la liberté.

Un citoyen s’est-il rendu recommandable par sesvertus, ou célèbre par ses talents? A-t-il combattuavec gloire pour la liberté ? Démagoras se déclareson ennemi, par amour pour l’égalité.

Il a toujours le mot de liberté à la bouche; mais,lorsqu’il a été question de ne plus enlever par laviolence les habitants de la Thrace pour les condam-ner aux mines, Démagoras, qui a des mines, a faitdéfendre cebrigandagepar Démophage. Démophage,le plus éloquent de ses orateurs, a fait entendre aupeuple qu’Athènes serait perdue, si Démagoras avaitquelques talents de moins. Démagoras parle sanscesse d’égalité; mais Démagoras, quand le roi deMacédoine était le maître, avait accumulé dans safamille toutes les grâces dont son peu de splendeurle rendait susceptible ; mais Démagoras fait venir de