DE LA SCIENCE, ETC. 5/j3
par les passions sur la vérité, par l’ignorance activesur les lumières. Alors, comme tous les principesd’économie publique ont été ébranlés, comme toutesles vérités, reconnues par les hommes éclairés, ontété confondues dans la masse des opinions incertai-nes et changeantes, on a besoin d’enchaîner les hom-mes à la raison par la précision des idées, par larigueur des preuves, de mettre les vérités qu’on leurprésente hors des atteintes de l’éloquence des motsou des sophismes de l’intérêtf’on a besoin d’accou-tumer les esprits à la marche lente et paisible de ladiscussion, pour les préserver de cet art perfide parlequel on s’empare de leurs passions pour les en-traîner dans l’erreur et dans le crime ; de cet artqui, dans les temps d’orage, acquiert une perfectionsi funeste.
Or combien cette rigueur, cette précision, quiaccompagne toutes les opérations auxquelles s’ap-plique le calcul, n’ajouterait-elle pas de force à cellede la raison ! combien ne contribuerait-elle point àenassurer la marche sur ce terrain couvert de débris,et qui, longtemps ébranlé par de profondes secous-ses, éprouve encore des agitations intestines!
La mathématique sociale peut avoir pour objetles hommes, les choses, ou à la fois les choses etles hommes.
Elle a les hommes pour objet, lorsqu’elle ensei-gne à déterminer, à connaître l’ordre de la mortalitédans telle ou telle contrée; lorsqu’elle calcule lesavantages ou les inconvénients d’un mode d’élection.Elle a les choses pour objet, lorsqu’elle évalue les
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